Symptômes du syndrome prémenstruel : 5 portraits pour reconnaître ton SPM
Tu as peut-être l’impression de “changer” avant tes règles. D’être plus émotive, plus gonflée, plus irritable… Ou au contraire, de ne rien sentir venir, jusqu’à ce que tes règles débarquent et que tout s’éclaire. C’est ce qu’on appelle le syndrome prémenstruel, ou SPM. Mais ce qu’on dit moins, c’est que le SPM ne se vit pas de la même façon pour toutes. Derrière ce terme un peu fourre-tout, il y a des dizaines de symptômes possibles, et souvent un profil bien à toi : émotionnel, somatique, mental, comportemental… ou un peu de tout ça.
Dans cet article, je te propose d’explorer 5 portraits de femmes aux SPM très différents, pour t’aider à reconnaître le tien et mieux comprendre ce que ton corps essaie de dire chaque mois. Et parce que je travaille avec une approche fonctionnelle, je t’expliquerai à chaque fois les causes possibles derrière les symptômes, pour que tu puisses y voir plus clair — et surtout, te sentir moins seule ou “trop sensible”.
1. Émily – Celle qui devient une autre personne avant ses règles
“Je ne me reconnais pas. Je m’énerve pour rien, je suis à fleur de peau, je dis des choses que je regrette juste après. Et ça revient tous les mois.”
Emily est douce, posée, plutôt calme. Mais à l’approche de ses règles, tout bascule : la moindre remarque la fait exploser, elle passe du rire aux larmes, et se sent presque étrangère à elle-même.
C’est comme si son corps et son cerveau étaient en surchauffe émotionnelle.
Ce qu’elle ressent :
Irritabilité soudaine
Hypersensibilité émotionnelle
Crises de larmes ou de colère
Difficulté à se concentrer
Sensation d’être submergée
Ce qui se joue dans son corps :
Chez Emily, le système nerveux est en surrégime. On retrouve souvent un déficit de progestérone en phase lutéale, cette hormone qui permet normalement d’apaiser, de ralentir, de stabiliser. La progestérone favorise la production de GABA, un neurotransmetteur qui calme le système nerveux. Sans elle, l’émotionnel s’emballe plus facilement.
Ce profil peut aussi être amplifié par :
un stress chronique qui bloque ou affaiblit l’ovulation (et donc la progestérone),
une carence en magnésium, essentiel à la régulation émotionnelle,
un excès de charge mentale qui laisse peu d’espace pour l’autorégulation émotionnelle.
2. Madison – Celle qui a le corps en vrac
“Avant mes règles, j’ai mal partout. J’ai les seins tendus, le ventre gonflé, la tête qui tire. Je me sens lourde, épuisée. Et parfois je suis barbouillée ou constipée.”
Madison sent tout passer dans son corps : ses règles arrivent avec fracas. Ce ne sont pas tant les émotions qui l’envahissent, mais une sensation physique de déséquilibre. Tout est douloureux, inconfortable, trop.
Ce qu’elle ressent :
Seins gonflés et douloureux
Ballonnements, digestion ralentie
Douleurs de tête ou douleurs pelviennes
Rétention d’eau
Fatigue intense
Ce qui se joue dans son corps :
Le tableau de Madison évoque souvent une dominance œstrogénique, c’est-à-dire un excès relatif d’œstrogènes par rapport à la progestérone. Cela peut être dû à :
une mauvaise élimination des œstrogènes (foie ralenti, transit lent, estrobolome déséquilibré),
une inflammation de bas grade (alimentation pro-inflammatoire, intestin perméable),
une carence en micronutriments (zinc, B6, magnésium).
L’inflammation rend le corps plus sensible aux variations hormonales et augmente les douleurs. Le foie, surchargé, peine à métaboliser les œstrogènes, qui continuent à circuler et provoquent gonflements, tensions et fatigue. Lorsque le corps est en surdose d’œstrogènes, les tissus réagissent par une inflammation locale, ce qui se traduit par des douleurs et une rétention d’eau. Des facteurs comme une dysbiose intestinale ou une alimentation pro-inflammatoire peuvent aussi contribuer à ce déséquilibre, rendant le drainage des fluides moins efficace.
3. Kimberly – Celle qui tombe dans un trou noir tous les mois
“Je perds toute motivation. Je me sens inutile, triste, vide. J’ai l’impression que rien n’a de sens. Et puis mes règles arrivent et je comprends pourquoi j’étais si mal.”
Kimberly vit un SPM à dominante dépressive. C’est comme si son énergie mentale chutait d’un coup, la laissant sans élan, sans envie. Elle n’a pas forcément conscience que c’est lié à son cycle – mais c’est cyclique, toujours.
Ce qu’elle ressent :
Humeur triste ou dépressive
Perte de motivation ou d’envie
Auto-dévalorisation
Isolement
Ralentissement général
Ce qui se joue dans son corps :
Kim’ vit un SPM à dominante neuro-émotionnelle, marqué par une chute de sérotonine (l’hormone de la bonne humeur). Cette baisse peut être accentuée par :
un manque d’œstrogènes ou une chute hormonale brutale en fin de cycle,
une carence en vitamine B6, nécessaire à la synthèse de la sérotonine,
une fluctuation de la glycémie qui perturbe la stabilité émotionnelle.
Le cerveau devient alors plus perméable à la tristesse, au doute, au repli. Ce n’est pas un simple coup de blues, c’est un déséquilibre physiologique que ton corps t’envoie comme signal d’alerte.
4. Stéphanie – Celle qui pourrait manger un frigo entier
“Quelques jours avant mes règles, j’ai des fringales de sucre ou de gras incontrôlables. Je mange plus, plus vite, et souvent n’importe quoi. C’est plus fort que moi.”
Steph’ mange bien le reste du mois, mais quand le SPM arrive, elle sent qu’elle perd le contrôle. Elle a besoin de réconfort, de douceur, de sucre. Mais aussi de crunchy, de gras, de quantité.
Ce qu’elle ressent :
Fringales de sucre ou de gras
Compulsions alimentaires
Sensation de vide à remplir
Fatigue après les repas
Crises suivies de culpabilité
Ce qui se joue dans son corps :
Le corps de Stéphanie réclame de l’énergie, mais surtout de la stabilité émotionnelle. Ces envies de sucre ou de gras s’expliquent par :
une chute de sérotonine, que l’organisme tente de compenser par des aliments réconfortants,
un déséquilibre de la glycémie (sauts de sucre dans le sang, repas non équilibrés),
un stress chronique qui stimule l’appétit et provoque des envies impulsives.
Le problème, c’est que plus elle mange vite ou sucré, plus sa glycémie chute ensuite — ce qui entretient le cercle des fringales. La sérotonine aide à réguler l’appétit et l’humeur. Sa baisse peut déclencher une réaction compensatoire, où le corps réclame des sources rapides de dopamine et d’énergie (sucre, gras). C’est souvent un SPM qui passe inaperçu, mais qui cache un déséquilibre réel du métabolisme émotionnel et hormonal.
5. Jessica – Celle qui ne se rend compte de rien… jusqu’à l’arrivée des règles
“J’étais fatiguée, à fleur de peau, pas très bien dans ma peau… mais je ne comprenais pas pourquoi. Et puis mes règles sont arrivées et j’ai compris que c’était “juste” ça.”
Jessica ne pense pas forcément avoir un SPM. Elle vit un flou émotionnel ou physique, une sorte de malaise diffus qu’elle n’arrive pas à relier à son cycle. Mais chaque mois, c’est pareil. Et chaque mois, elle oublie que c’est pareil.
Ce qu’elle ressent :
Fatigue générale
Trouble du sommeil ou baisse de motivation
Sensation de malaise ou de confusion mentale
Hypersensibilité vague
Difficulté à repérer les cycles
Ce qui se joue dans son corps :
Le corps de Jess’ envoie des signaux, mais ils ne sont pas entendus. Cela peut être lié à :
une fatigue de fond qui brouille les repères,
un déséquilibre du cortisol (stress chronique, réveils nocturnes),
une déconnexion au cycle (absence de suivi, cycles irréguliers, contraception hormonale récente).
Les caractéristiques de ce SPM sont souvent révélatrices d’un corps qui vit en mode survie, où l’écoute de soi est reléguée au second plan. Quand le stress ou la fatigue deviennent la norme, le SPM se glisse dans les interstices du quotidien sans être identifié. Le système nerveux, en mode "surcompensation", finit par "étouffer" les sensations, ce qui retarde la prise de conscience jusqu’à l’apparition des règles.
En conclusion : reconnaître les symptômes du syndrome prémenstruel pour mieux soutenir ton corps
Chaque femme vit son SPM de façon unique, et les symptômes SPM peuvent varier d’un profil à l’autre. Que tu te reconnaisses dans la métamorphose émotionnelle d’Emily, dans le malaise physique de Madison, dans la descente dépressive de Kimberly, dans la frénésie alimentaire de Stephanie ou dans la discrétion de Jessica, il est essentiel de comprendre que ces variations sont le reflet de mécanismes fonctionnels précis.
En comprenant ces lectures fonctionnelles – des déséquilibres hormonaux aux réponses de notre système nerveux en passant par l’impact de notre alimentation – tu pourras mieux dialoguer avec ton corps, adapter tes stratégies de bien-être et envisager des solutions naturelles pour apaiser tes symptômes.
N’hésite pas à explorer plus en profondeur chacun de ces profils pour trouver les pistes qui résonnent le mieux avec ton vécu.
Parce qu’en fin de compte, reconnaître et comprendre les symptômes SPM est le premier pas vers une relation plus harmonieuse avec ton corps et ton cycle.
Personnellement, j’alterne entre Madison et Stéphanie 😅, et toi, dis moi en commentaire dans quel profil tu te reconnais le plus ? C’est toujours précieux de voir à quel point on n’est pas seule à ressentir ce qu’on ressent. Et ça peut déjà être une première étape vers une autre façon d’écouter ton corps.
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Chaque rendez-vous commence par une exploration complète de tes symptômes, de ton cycle, de ton mode de vie et de ton histoire, pour t’aider à retrouver un lien de confiance avec ton corps et avancer avec des pistes concrètes et adaptées.
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